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Posted on 2 mar 2011 in Face à la justice

Cinq membres de la religion raëlienne portent plainte contre l’UQTR à Montréal

Cinq membres de la religion raëlienne portent plainte contre l’UQTR à Montréal

Après avoir épuisé tous les recours administratifs possibles, Alain Gauthier, Sylvie Chabot, Sylvie Tremblay, Damien Francoeur et Rodolf Samson portent plainte à la cour du Québec contre l’UQTR.  Les cinq raëliens estiment que M. Yves Gabias et l’Université du Québec à Trois Rivières ont adopté un comportement fautif et discriminatoire à leur égard en leur retirant leur droit de tenir un kiosque dans le but de collecter des fonds pour venir en aide aux femmes excisées en Afrique.

Rappelons les faits,  au mois de novembre 2006, Alain Gauthier alors étudiant en doctorat a formulé une demande à Danielle Perreault de la « direction du service des équipements de l’UQTR » afin de se voir octroyer un espace en vue de tenir un kiosque. Il désirait mener une levée de fonds pour l’organisme « clitoraid », organisme à but non lucratif créé en 2004 par Brigitte Roehr et Thomas Kaenzig, dont le siège social est au Nevada, États-Unis, et dont l’objectif est de financer la construction et les opérations d’un hôpital (http://fr.clitoraid.org/hospital) dédié aux opérations chirurgicales visant à réparer les dommages causés par l’excision. La demande a été acceptée le 16 novembre. Tel que prévu Alain et quatre autres personnes se présentent à leur kiosque le 4 décembre 2006.

En début d’après-midi,  ils reçoivent la visite de Madame Danielle Perreault qui leur annonce que leur droit de tenir un kiosque leur avait été retiré. M. Yves Gabias directeur au Service des équipements de l’Université a justifié ce retrait par l’appartenance des demandeurs au mouvement raëlien ainsi que par les soi-disant « fausses représentations» que représentait la levée de fonds pour les femmes africaines et l’omission de mentionner l’appartenance des demandeurs au mouvement raëlien. De plus l’UQTR produit un communiqué intitulé « L’UQTR refuse l’accès de son campus au mouvement raëlien », l’Université justifie sa décision en affirmant que le mouvement raëlien n’est pas crédible, manque de sérieux et de rigueur scientifique et confirme qu’elle continuera d’interdire l’accès de son campus aux membres du mouvement raëlien qui souhaiteraient y faire la promotion de telles activités.

Une première plainte est déposée le 22 mars 2007 à la commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec. Me Karine Tremblay refuse officiellement la plainte et ferme le dossier le 20 juillet 2009. Les motifs sont confus. Effectivement une lettre préliminaire envoyée par Me Tremblay le 6 juillet à M. Gauthier relate entre autre les motifs de refus qui sont différents de la lettre finale du 20 juillet. Me Gingras de la firme d’avocats Joli-Cur Lacasse de Québec a par ailleurs fait parvenir une lettre à Me Tremblay recommandant de poursuivre l’enquête plutôt que de fermer le dossier. Il relate dans sa lettre les anomalies de Me Tremblay et reconnait l’importance pour la commission de ne pas fermer le dossier mais bien de procéder car selon lui il y a bien eu discrimination. Malgré ce soutien, le dossier est toujours fermé et les raëliens ont choisi de porter le dossier auprès de  la cour du Québec.

Pour les cinq raëliens impliqués, le dossier est simple. « Nous avons agi dans le respect des règlements de l’Université et notre présence était motivée par le désir de mener une levée de fonds au profit de l’organisation Clitoraid. » explique Sylvie Chabot la porte parole du groupe. « Que notre appartenance au Mouvement Raëlien justifie une expulsion d’un hall public comme celui de l’UQTR est une honte. La Cour du Québec va devoir décider si les Raëliens ont droit d’exister ou non au Québec. Si ils sont encore des citoyens à part entière, alors l’université devra nous présenter des excuses! »

Maître Julius Gray qui représentera les 5 raëliens, a conclu dans le dossier présenté à la cour du Québec qu’il y a eu discrimination fondée sur la religion par M. Yves Gabias et l’Université du Québec à Trois Rivières.

Montréal, 2 mars 2011

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